ALONI, faire cohabiter rage et émotion
Chez ALONI, la musique semble se construire dans un contraste permanent. D’un côté, des 808 distordues, des textures épaisses et une énergie directement héritée du mouvement rage. De l’autre, des mélodies plus aériennes, des toplines planantes et une dimension introspective qui vient apporter de la profondeur à l’ensemble. Un équilibre entre tension et vulnérabilité qui accompagne aujourd’hui un projet solo lancé il y a environ deux ans et demi.
Pour autant, son parcours musical ne commence pas avec cette aventure individuelle. Bien avant de développer sa propre identité, ALONI découvre la scène au lycée, en groupe. Une première expérience qui lui permet rapidement de se confronter au public et de participer à plusieurs premières parties d’artistes déjà installés.
"J’ai commencé la musique au lycée en groupe, j’ai fait pas mal de premières parties comme Josman, Caballero & JeanJass, Lujipeka etc… Et j’ai lancé mon projet solo depuis environ 2 ans et demi."
De ces premières scènes jusqu’à son projet actuel, ALONI a progressivement déplacé le centre de gravité de sa musique. Aujourd’hui, il développe un univers personnel, nourri aussi bien par le rap français que par les nouvelles scènes électroniques et internationales.
Du groupe à la construction d’un projet personnel
Commencer en groupe implique forcément une première manière de penser la musique collectivement. Pour ALONI, cette période au lycée constitue surtout le point de départ d’un parcours qui l’amènera ensuite vers un projet plus individuel.
Les premières parties de Josman, Caballero & JeanJass ou encore Lujipeka lui donnent notamment l’occasion d’évoluer très tôt dans un environnement de scène. Quelques années plus tard, son travail solo lui permet désormais de construire une direction plus précise autour de ses propres envies.
Depuis environ deux ans et demi, cette identité se développe autour d’une musique dense, électronique et parfois abrasive. Une direction dans laquelle le son occupe une place centrale : les textures, les synthétiseurs ou les basses ne servent pas uniquement de décor, mais participent directement à l’atmosphère.
"L’univers artistique mêle textures grasses, 808 distordues et mélodies électroniques planantes."
Cette opposition entre lourdeur et légèreté résume une partie importante de son approche. Là où certaines productions peuvent installer une tension immédiate, les mélodies permettent à ALONI de créer quelque chose de plus suspendu.
Paris, la rage et une esthétique en tension
Visuellement comme musicalement, ALONI décrit son esthétique comme sombre, futuriste et introspective. Paris apparaît également dans cette construction, non pas simplement comme un décor géographique, mais comme une forme de froideur qui vient rencontrer une énergie beaucoup plus explosive.
"L'esthétique est à la fois sombre, futuriste et introspective. C'est la rencontre entre la froideur urbaine de Paris et l'explosion émotionnelle du mouvement rage : une bulle intime, saturée de synthés, où vulnérabilité et puissance cohabitent."
Cette idée de coexistence est probablement l’un des éléments les plus intéressants de sa direction artistique. La rage n’est pas uniquement envisagée sous son aspect énergique ou saturé. ALONI cherche aussi à y faire entrer quelque chose de plus intime.
La puissance des productions peut ainsi cohabiter avec une forme de fragilité, sans que l’une prenne nécessairement le dessus sur l’autre. Sa musique devient alors un espace dans lequel les oppositions peuvent exister simultanément : électronique et organique dans les émotions, froide dans son esthétique mais beaucoup plus personnelle dans ce qu’elle cherche à transmettre.
Des influences sans véritable frontière
Cette volonté de ne pas enfermer son projet dans une seule direction se retrouve également dans ses influences. ALONI cite aussi bien Ademo et Ateyaba que Ken Carson, Yeat, Underscores ou Oklou.
Des références qui appartiennent à des univers différents, mais qui montrent surtout une curiosité pour des artistes capables de proposer une identité reconnaissable.
"Mes influences sont plutôt larges, ça va de Ademo et Ateyaba jusqu'à Ken Carson et Yeat en passant par Underscores et Oklou. J’écoute tous les styles tant que j’y trouve une proposition artistique qui me convient."
Plus qu’une liste de références à reproduire, cette diversité traduit donc une manière d’écouter la musique. Ce qui semble intéresser ALONI n’est pas nécessairement un genre particulier, mais la proposition qui accompagne le morceau : une direction sonore, une esthétique ou une intention suffisamment affirmée pour créer son propre univers.
Cette ouverture permet également de mieux comprendre la place prise par l’électronique dans sa musique. Son projet ne se construit pas uniquement à partir des codes du rap, mais dans leur confrontation avec d’autres textures et d’autres manières d’envisager la production.
NUMÉRO 8, un point d’équilibre
S’il devait aujourd’hui retenir un morceau de sa discographie, ALONI choisirait NUMÉRO 8. Un titre qui représente selon lui l’équilibre qu’il cherche entre ses différentes influences.
"Je dirais NUMÉRO 8, je pense qu’il est à l’équilibre parfait entre sonorités électroniques et toplines planantes."
Le morceau semble ainsi matérialiser une étape importante dans la construction de son identité actuelle. Les sonorités électroniques y rencontrent cette recherche mélodique qui traverse son projet, offrant une photographie assez précise de la direction qu’il souhaite développer.
Mais ALONI ne considère déjà plus ce titre comme un aboutissement. Au contraire, son regard est tourné vers la suite.
"Mais je pense que mon meilleur morceau n’est pas sorti et il sera le single porteur du prochain projet."
Une phrase qui résume assez bien son rapport à son évolution artistique : reconnaître les morceaux qui représentent une étape importante tout en considérant que le projet reste encore en mouvement.
Un nouveau chapitre vers 2027
La suite est déjà organisée. ALONI prévoit d’abord un nouveau single le 15 octobre, produit par Diabi. Le morceau doit ouvrir une nouvelle séquence qui continuera ensuite avec plusieurs singles.
L’objectif est de préparer progressivement un projet prévu pour le début de l’année 2027.
Cette stratégie laisse surtout entrevoir une période de développement importante pour l’artiste. Après deux ans et demi consacrés à l’installation de son projet solo, les prochains mois devraient permettre de préciser encore davantage cette rencontre entre rage, électronique et mélodies planantes.
ALONI semble ainsi avancer en cherchant moins à se rattacher à une scène précise qu’à construire son propre espace. Une musique dans laquelle les synthétiseurs peuvent être saturés sans effacer l’émotion, où l’énergie de la rage peut rencontrer quelque chose de plus introspectif, et où chaque nouvelle sortie participe à définir un univers encore en construction.
Le prochain projet prévu pour début 2027 devrait justement permettre d’en observer une nouvelle étape. Avec, avant cela, plusieurs singles et surtout ce morc
