AXL, l'insatisfaction comme moteur
À seulement 19 ans, AXL fait partie de cette nouvelle génération d'artistes indépendants qui avancent sans attendre qu'on leur ouvre les portes. Entre musique, développement de projets culturels et volonté constante de progresser, le rappeur poitevin construit son parcours avec une idée simple : ne jamais se satisfaire de ce qui a déjà été accompli.
Son slogan est devenu une philosophie.
"Yo moi c’est AXL, j’ai 19 ans, éternel insatisfait on veut toujours plus tu connais, les meilleurs sont cernés."
Une phrase qui résume à elle seule l'état d'esprit d'un artiste qui préfère regarder vers la prochaine étape plutôt que vers le chemin déjà parcouru.
Une passion née naturellement
Avant même d'écrire ses premiers textes, la musique faisait déjà partie de son quotidien. Dans son entourage familial, plusieurs musiciens ont contribué à nourrir sa curiosité artistique.
Comme beaucoup, son apprentissage commence par les instruments. Quelques accords de guitare, du piano, des expérimentations. Une approche instinctive qui lui permet de développer son oreille avant même de penser au rap.
C'est finalement durant ses années lycée que tout s'accélère. Ce qui n'était au départ qu'un simple divertissement entre amis finit par devenir une véritable passion.
"J’ai toujours baigné dans la musique, mes parents sont très ouverts d’esprits et y'a plusieurs musiciens dans ma famille. J’ai commencé par gratter un peu sur des guitares ou autres instruments à corde puis par faire un peu de piano. Finalement c’est à partir du lycée où j’ai commencé à écrire mes premiers textes, on rappait avec des potes pour rigoler mais j’ai très vite apprécié et commencé à prendre le truc au sérieux."
Une évolution progressive, loin des stratégies calculées. Chez AXL, la musique semble avant tout être le résultat d'une évidence.
Refuser les cases
À une époque où l'industrie musicale pousse souvent les artistes à se définir rapidement, AXL adopte une position différente. Il revendique sa polyvalence et refuse de s'enfermer dans un univers trop limité.
Pour lui, la création doit rester libre.
"Comme beaucoup d’artistes je ne me mets pas dans une case, je ne pense pas avoir vraiment de DA, je suis polyvalent, je touche à tout et je ne veux pas me fixer de limites."
Cette volonté d'exploration se retrouve également dans ses influences. Là où certains construisent leur identité autour d'un style unique, AXL préfère puiser dans des univers très différents.
Des influences sans frontières
Lorsqu'il évoque ses inspirations, la première réponse n'est ni un artiste ni un album.
C'est la vie.
Les expériences personnelles, les rencontres, les discussions, les observations du quotidien constituent la matière première de ses textes. Une démarche qui explique pourquoi ses morceaux donnent souvent l'impression de raconter des situations vécues plutôt que de simples concepts.
"Mes influences sont premièrement ma vie et mon entourage, ce que j’observe, ce que j’entends, j’aime raconter des choses sensées dans mes sons."
Musicalement, le spectre est tout aussi large.
De Daft Punk à Laylow, de Bob Marley à Damso, les références se croisent sans logique apparente mais avec une cohérence personnelle.
"J’aime la techno, le rap, le rock, le reggae, si ça sonne bien dans mes oreilles je prends."
Une ouverture qui nourrit son identité artistique et lui permet d'aborder chaque nouveau projet sans contrainte stylistique.
Axiome, un projet construit autour de convictions
Parmi les titres de son dernier EP Axiome, un morceau occupe une place particulière dans son cœur : l'introduction du projet, Pardon au ciel.
Un morceau plus introspectif, plus personnel, où l'artiste laisse apparaître une part de vulnérabilité rarement facile à exprimer.
"Je choisirai sûrement l’intro, Pardon au ciel, c’est un son assez mélancolique où je me livre pas mal dedans, j’étais pas au meilleur de ma forme quand je l’ai fait et je trouve que j’ai plutôt bien retranscrit mes émotions. Ce qui est l’un des exercices les plus durs."
Cette sincérité constitue d'ailleurs l'un des fils conducteurs du projet.
Avec seulement quatre titres, AXL a volontairement choisi un format court afin de conserver uniquement les morceaux qu'il considérait comme les plus solides.
"Aucun son n’est à jeter, j’ai choisi le format court de 4 titres pour avoir la crème de la crème."
L'artiste évoque également avec enthousiasme sa collaboration avec FL3SH, qu'il considère comme une rencontre marquante dans son parcours récent.
Pourquoi "Axiome" ?
Le choix du titre de l'EP n'a rien d'anodin.
Derrière ce terme emprunté au vocabulaire philosophique se cache une réflexion sur la manière d'exprimer ses idées.
"Un axiome c’est quand on annonce une vérité sans avoir besoin de la justifier, car c’est une évidence. Dans le projet je donne mes pensées sans pour autant les justifier, je trouve que ça passe bien et j’aime les notions philosophiques."
Une définition qui résume parfaitement l'approche de l'artiste : partager ses pensées, ses émotions et sa vision du monde sans chercher à convaincre ou à se justifier.
Simplement raconter ce qu'il voit, ce qu'il vit et ce qu'il ressent.
Entre musique et développement culturel
Si la musique reste au centre de ses ambitions, AXL regarde aujourd'hui bien au-delà de sa carrière personnelle.
Avec l'équipe de LMSC, il souhaite participer activement au développement de la scène indépendante locale et multiplier les initiatives culturelles.
"Je pense que prochainement on va se concentrer sur LMSC avec l’équipe, on a beaucoup d’idées en tête pour développer l’organisation et faire des événements pour promouvoir la culture du coin."
Une vision qui dépasse le simple cadre artistique et qui témoigne d'une volonté de construire quelque chose de durable pour les talents émergents.
Parallèlement, l'artiste continue d'approfondir ses compétences techniques.
Autodidacte revendiqué, il souhaite gagner en autonomie sur l'ensemble de sa chaîne de création.
"Musicalement j’aimerais continuer à me développer et peaufiner mes mix. Je suis autodidacte, j’aime apprendre tout seul. Je ne suis pas du genre à faire sous-traiter."
Et pourquoi pas, demain, produire lui-même ses propres instrumentales.
Toujours regarder devant
À seulement 19 ans, AXL refuse déjà la facilité de l'autosatisfaction. Son parcours reste en construction, ses ambitions évoluent constamment et les projets ne manquent pas.
Entre développement artistique, apprentissage technique et construction de LMSC, l'avenir semble ouvert.
Pour le reste, il préfère laisser le temps faire son travail.
"Et puis on verra bien ce que le futur nous réserve."
