Bagidabag, transformer l’envie de s’en sortir en identité artistique
Chez Bagi, la musique ne cherche pas à raconter une réussite déjà acquise. Elle part plutôt d’un mouvement, d’une urgence et d’une volonté de progresser. Originaire du 91, l’artiste construit un univers directement inspiré de son quotidien, de son entourage et d’une réalité dans laquelle la réussite n’est jamais considérée comme évidente. Sa direction artistique repose justement sur cette idée : avancer avec ce que l’on a, sans prétendre posséder toutes les cartes dès le départ.
Toujours accompagnée de son bag et souvent d’une « vody », Bagi se présente simplement, à travers des éléments qui semblent déjà faire partie de son identité. Une manière de ne pas chercher à fabriquer un personnage trop éloigné de sa réalité. Depuis ses débuts dans la musique en 2023, elle développe progressivement une proposition centrée autour de la trap et de différentes sonorités rap actuelles, tout en réfléchissant désormais à la manière de rendre son image immédiatement reconnaissable.
« Je suis Bagi, une artiste du 91, toujours avec mon bag et souvent avec une vody. »
Cette présentation courte donne le ton. Bagi ne s’attarde pas sur les grandes déclarations et préfère aller directement à l’essentiel. Son identité semble se construire dans les détails, dans les expressions, dans la façon de se présenter et dans les codes qui entourent sa musique.
Des premiers morceaux à l’arrivée sur les plateformes
Bagi commence la musique en 2023. Une pratique encore récente, mais qui a rapidement pris une place suffisamment importante pour lui donner envie de franchir une nouvelle étape. Deux ans après ses débuts, en 2025, elle commence à publier officiellement ses morceaux sur les plateformes.
Ce passage à la diffusion représente un changement important. Faire de la musique dans son coin permet d’expérimenter, de chercher une voix et de tester différentes directions. Mettre ses titres en ligne signifie accepter de les confronter à un public et commencer à inscrire son nom dans un paysage musical plus large.
« J’ai commencé la musique en 2023 et je suis sur les plateformes depuis 2025. »
Ce parcours encore en construction laisse à Bagi une certaine liberté. Elle n’est pas enfermée dans une formule qu’elle devrait reproduire et peut encore faire évoluer son identité au fil de ses morceaux. Son arrivée récente sur les plateformes donne également le sentiment d’assister au commencement d’un projet plutôt qu’à l’aboutissement d’une direction déjà totalement définie.
L’artiste se trouve dans une période où chaque sortie peut participer à préciser son univers. Les choix musicaux, les visuels, les collaborations ou encore la manière de communiquer deviennent autant d’éléments susceptibles de consolider progressivement son identité.
Une musique entre trap, crank et DMV flow
Musicalement, Bagi situe son univers autour de la trap, de la crank et du DMV flow. Trois directions qui traduisent une recherche d’énergie, de rythme et d’efficacité. Son approche semble moins tournée vers une musique contemplative que vers des morceaux capables de transmettre une tension immédiate.
La trap représente le socle principal, mais Bagi ne souhaite pas rester enfermée dans un seul courant. La crank et le DMV flow lui permettent d’explorer d’autres placements, d’autres cadences et une manière différente d’utiliser la voix. Cette variété peut devenir un terrain d’expérimentation important pour une artiste qui se trouve encore au début de son parcours.
Sa direction artistique dépasse cependant les choix de production ou de flow. Bagi la résume à travers une formule directe : ne pas disposer de toutes les facilités, mais chercher malgré tout une issue. La musique devient alors le reflet d’un état d’esprit collectif, entre lucidité et détermination.
« Mon univers musical tourne autour de la trap, la crank, le DMV flow, et la DA c’est qu’on n’a pas de tal, on cherche juste à s’en sortir. »
Derrière cette phrase se dessine une vision plus large que la simple envie de faire des morceaux. Bagi parle d’un environnement dans lequel il faut construire sans forcément bénéficier d’un chemin déjà tracé. L’expression « chercher à s’en sortir » donne une dimension personnelle et sociale à sa démarche.
Elle ne présente pas la musique comme un rêve abstrait, mais comme un moyen d’avancer. Sa DA pourrait ainsi se définir par une forme de réalisme : montrer une ambition sans effacer les difficultés, valoriser l’énergie du parcours plutôt que prétendre être déjà arrivée.
Un entourage placé au centre du parcours
Si Bagi cite Ni, particulièrement à l’époque de MILS, parmi ses inspirations musicales, elle insiste surtout sur le rôle de son entourage. Depuis ses débuts, les conseils reçus de ses proches semblent avoir largement influencé sa manière d’avancer et de réfléchir à sa musique.
« Mes inspi, je dirais Ni à l’époque de MILS, c’est trop une dinguerie. Mais sinon, c’est mon entourage et les conseils qu’ils ont pu m’apporter qui m’ont inspirée le plus depuis que j’ai commencé. »
Cette importance accordée à l’entourage donne à son projet une dimension collective. Même si Bagi reste l’artiste au centre de la proposition, sa progression ne semble pas se faire seule. Elle mentionne notamment Nasty, Sheriff, Till et Big B, qu’elle remercie directement.
« Nasty, Sheriff, Till, Big B, s/o à vous. »
Ces noms ne sont pas simplement cités comme des présences autour d’elle. Bagi explique que leurs conseils ont participé à l’inspirer depuis le commencement. Son identité artistique se construit donc aussi grâce aux échanges, aux avis et au regard de personnes qui connaissent son évolution.
Dans une scène indépendante où les artistes doivent souvent apprendre à produire, communiquer et développer eux-mêmes leur image, la force d’un entourage peut devenir essentielle. Chez Bagi, ce soutien semble autant nourrir sa confiance que son inspiration.
Garder une part de mystère autour de la suite
Lorsqu’il faut choisir un morceau dans sa discographie, Bagi ne revient pas vers un titre déjà disponible. Son choix se porte sur un morceau qui n’est pas encore sorti. Elle préfère ne pas en dire davantage et invite simplement le public à rester attentif.
« Ça sera un son qui n’est pas encore sorti. Restez seulement branchés si vous voulez savoir lequel. »
Cette réponse entretient volontairement le mystère. Elle montre également que Bagi considère probablement que ses morceaux les plus importants restent encore à venir. Son regard est tourné vers la suite plutôt que vers ce qu’elle a déjà publié.
Ce choix laisse imaginer une évolution dans son travail, sans qu’il soit possible d’en préciser la forme. Bagi ne dévoile ni le titre, ni la date, ni la direction exacte de ce morceau. Elle mise uniquement sur l’attente et sur la curiosité du public.
Construire un projet, mais surtout une image reconnaissable
Pour ses prochaines étapes, Bagi envisage de commencer à travailler sur un EP ou une tape. Le format n’est pas encore définitivement arrêté, mais l’objectif semble clair : passer d’une succession de morceaux à un projet plus structuré.
« Mes futurs projets, je pense commencer à bosser sur un EP ou une tape. »
Un tel projet pourrait lui permettre de développer plus largement son univers musical. La trap, la crank et le DMV flow pourraient y dialoguer autour d’une même intention, tandis que la notion de débrouille et de volonté de s’en sortir pourrait servir de fil conducteur.
Mais son objectif principal du moment se situe ailleurs. Bagi veut créer une identité visuelle marquante. Cette volonté montre qu’elle considère son projet musical comme un ensemble, dans lequel les images doivent être aussi fortes que les morceaux.
« Je veux surtout créer une identité visuelle marquante, c’est un peu mon objectif en ce moment. »
Dans un paysage où les artistes émergents publient constamment de nouveaux titres, l’image permet souvent de créer une première reconnaissance. Pour Bagi, le développement de cette identité visuelle pourrait devenir une étape importante dans la construction de son univers.
Ses expressions, son bag, les éléments de son quotidien et l’énergie de sa musique constituent déjà quelques bases. Il reste désormais à les transformer en une direction cohérente, capable d’accompagner chaque sortie et de rendre son projet identifiable au premier regard.
Bagi se situe encore au début de son parcours, mais ses priorités commencent à se dessiner. Continuer à publier, préparer un format plus long et construire une image forte : trois étapes qui pourraient lui permettre de donner davantage de profondeur à son projet. Avec une musique ancrée dans la trap et une identité nourrie par son entourage, elle avance sans prétendre avoir déjà tout trouvé. Son ambition actuelle consiste justement à chercher, expérimenter et créer les codes qui lui ressembleront vraiment.
