Djiro, rester soi-même après dix ans de rap
Dans le rap, certains parcours avancent sous les projecteurs dès les premiers morceaux. D’autres prennent le temps de se construire loin du bruit, au fil des années, des essais et des prises de conscience. Djiro appartient davantage à cette deuxième catégorie. Rappeur parisien aujourd’hui installé à Villejuif, dans le Val-de-Marne, il pratique la musique depuis plus de dix ans, mais considère que son véritable départ artistique est beaucoup plus récent.
Pendant longtemps, le rap semble avoir fait partie de sa vie sans nécessairement devenir le centre d’un projet structuré. Depuis environ un an, l’artiste a toutefois décidé de s’y investir sérieusement. Un changement de rythme qui marque le début d’une nouvelle étape : celle où l’expérience accumulée doit désormais se transformer en morceaux, en projets et en une identité clairement assumée.
"Je rappe depuis plus de dix ans, mais je m’y mets sérieusement depuis peu, depuis un an."
Cette phrase résume un parcours qui ne débute pas réellement aujourd’hui, mais qui prend désormais une autre dimension. Djiro n’est pas un nouvel arrivant dans l’écriture ou dans le rap. Il est plutôt un artiste qui choisit, après plusieurs années de pratique, de donner davantage de place à sa musique.
Entre Paris et Villejuif, une identité sans artifices
Djiro se présente simplement comme un rappeur de Paname. Il vit actuellement à Villejuif, dans le 94, tout en conservant un lien avec Paris et le 75. Cette double appartenance géographique participe naturellement à son identité, sans qu’il ressente le besoin de la transformer en argument ou en personnage.
Cette simplicité se retrouve également dans la manière dont il définit sa direction artistique. Là où certains artistes construisent des univers très codifiés, Djiro préfère partir de lui-même. Sa démarche repose sur une volonté claire : rester naturel, ne pas surjouer et ne pas fabriquer une image qui ne lui correspondrait pas.
"Ma DA, c’est de rester moi-même, au naturel."
Cette recherche d’authenticité peut paraître évidente, mais elle représente en réalité un véritable choix artistique. Dans une époque où la musique est souvent accompagnée d’une identité visuelle millimétrée, d’une stratégie de contenu et d’un personnage immédiatement reconnaissable, Djiro préfère placer sa personnalité au centre de son travail.
Il ne cherche pas à donner l’impression d’être quelqu’un d’autre. Sa direction artistique ne repose donc pas uniquement sur une esthétique ou sur un genre musical précis. Elle se construit dans sa manière d’écrire, de rapper et de raconter ce qu’il est réellement.
Une culture rap forgée par les années 2000
Les premières influences de Djiro remontent à son enfance. Parmi les artistes qu’il écoutait, il cite notamment Salif, Nessbeal et Lunatic. Des références importantes du rap français, reconnues pour leur écriture, leur noirceur, leur sincérité et leur capacité à raconter la réalité sans chercher à l’adoucir.
"Petit, j’écoutais beaucoup Salif, Nessbeal, Lunatic, etc."
Ces influences permettent de mieux comprendre la place que le rap occupe dans son parcours. Avant d’être un projet artistique sérieux, cette musique faisait déjà partie de son environnement et de sa construction personnelle. Djiro s’est développé avec une génération de rappeurs pour qui le texte, le vécu et l’interprétation tenaient une place centrale.
Il ne précise pas chercher à reproduire leur musique, mais leur présence parmi ses principales références traduit une certaine vision du rap. Une vision où la crédibilité ne dépend pas d’un personnage inventé, mais de la capacité à mettre quelque chose de vrai dans les morceaux.
Cette approche rejoint directement sa volonté de rester naturel. Chez Djiro, les influences ne servent pas à construire un masque. Elles représentent plutôt les fondations d’une culture musicale qu’il porte depuis l’enfance et qu’il cherche désormais à prolonger à sa manière.
« Journal de bord », le morceau qui ouvre une porte
Lorsqu’il doit sélectionner un seul titre dans sa discographie, Djiro choisit « Journal de bord ». Ce choix n’est pas uniquement lié à une préférence musicale. Le morceau représente surtout un premier tournant dans son parcours, puisqu’il s’agit du titre qui a commencé à attirer l’attention autour de son travail.
"Si je devais choisir un son de ma discographie, ce serait « Journal de bord », parce que c’est le premier son qui a commencé à faire un peu parler de moi."
Pour un artiste indépendant, les premiers retours représentent souvent une étape importante. Ils donnent une existence plus concrète à un projet qui, jusque-là, pouvait rester principalement personnel. « Journal de bord » symbolise ainsi le moment où la musique de Djiro a commencé à dépasser son cercle habituel.
Le titre occupe donc une place particulière dans sa discographie. Il constitue un premier point de repère, autant pour le public que pour l’artiste lui-même. Après plus de dix années passées à rapper, ce morceau semble avoir accompagné le moment où Djiro a décidé de prendre son projet plus sérieusement.
Son nom possède également une résonance particulière avec sa démarche. Un journal de bord sert à conserver une trace d’un parcours, de ses étapes et de ses évolutions. Sans ajouter de sens que l’artiste n’a pas lui-même formulé, le titre apparaît naturellement comme un marqueur dans une trajectoire encore en construction.
Un deuxième projet déjà en préparation
Djiro ne compte pas s’arrêter à ce premier mouvement. L’artiste travaille déjà sur un deuxième projet. Pour le moment, aucune date précise n’a été communiquée, mais cette annonce montre que la suite est déjà en préparation.
"Je travaille déjà sur un deuxième projet, mais il n’y a aucune date précise."
Cette absence de calendrier peut aussi permettre à Djiro de construire son projet sans précipitation. Après avoir passé plusieurs années à pratiquer le rap avant de s’y investir pleinement, l’artiste semble avancer selon son propre rythme. Il ne donne pas encore de détails sur le format, les thèmes ou la direction sonore de cette prochaine sortie, préférant laisser le travail se développer avant de l’annoncer officiellement.
L’essentiel se situe ailleurs : Djiro est désormais dans une dynamique active. Il ne parle plus seulement d’une envie de faire de la musique, mais d’un projet qui s’inscrit dans la durée. Après « Journal de bord » et les premiers retours obtenus, ce deuxième projet devra prolonger cette progression et permettre au public de découvrir davantage son identité.
Une suite déjà tracé
La suite du parcours de Djiro prendra une nouvelle dimension avec sa participation annoncée à la saison 5 de Nouvelle École. Le rappeur de Villejuif fera partie des candidats de la compétition de Netflix, dont la diffusion débutera le 26 août 2026. Une exposition importante pour celui qui expliquait ne s’investir sérieusement dans la musique que depuis un an, et qui aura désormais l’occasion de présenter son univers à un public bien plus large.
