Hynil, entre rap marseillais et atmosphères planantes
À Marseille, Hynil fait partie de cette nouvelle génération d’artistes qui préfère avancer par étapes plutôt que de vouloir tout définir trop vite. Lancé officiellement depuis seulement deux mois, le rappeur construit encore son identité, avec une approche instinctive et une envie claire : reprendre certains codes du rap tout en les emmenant vers quelque chose de plus aérien.
Son histoire avec l’écriture commence pourtant bien avant ses premières sorties. À 13 ans, Hynil pose déjà ses premiers textes sur papier. Une première approche qui restera longtemps personnelle avant qu’il décide, plus récemment, de transformer cette envie en véritable démarche artistique.
"J’ai écrit mon premier texte à 13 ans mais j’ai commencé à écrire sérieusement y a 2 ans et ça fait 2 mois que je me suis lancé."
Deux années d’écriture plus appliquée auront donc précédé son arrivée sur les plateformes. Une période durant laquelle l’artiste a pu chercher ses repères, affiner ses influences et commencer à comprendre la direction qu’il voulait donner à sa musique.
Un univers encore en construction
Hynil ne cherche pas forcément à enfermer sa musique dans une définition précise. Il préfère laisser une partie de cette lecture au public. Sa direction se construit davantage autour d’une sensation que d’une étiquette musicale figée.
"Je sais pas si j’ai vraiment une manière de définir mon univers, c’est propre aux auditeurs je pense, mais j’essaie de reprendre les codes du rap et de les adapter avec des styles plus planants."
Cette volonté de mélanger les codes constitue aujourd’hui l’un des axes principaux de son identité. Le rap reste la base, mais il cherche à l’ouvrir vers des ambiances plus planantes, une manière pour lui de conserver une forme familière tout en développant progressivement quelque chose de personnel.
Cette identité est encore récente, mais elle s’inscrit dans un parcours musical nourri très tôt par le rap marseillais et francophone.
Marseille comme point de départ
Le rapport de Hynil au rap s’est construit à travers plusieurs artistes et plusieurs périodes. Parmi ses premiers souvenirs marquants, il cite Khalif Hardcore, notamment au moment où celui-ci commence à travailler avec Jul. Une porte d’entrée qui va progressivement l’amener vers d’autres figures de la scène.
L’un des tournants intervient avec SCH et la sortie de A7. Pour Hynil, cette période marque véritablement le début d’un intérêt plus profond pour le rap.
"J’ai découvert le rap avec Khalif Hardcore quand il a commencé à taffer avec Jul, et après j’me suis pris SCH quand il a sorti A7. C’est là que j’ai commencé à m’intéresser au rap."
Des références qui prennent évidemment une dimension particulière pour un artiste marseillais. Elles ne constituent pourtant pas ses seules influences. Dans son enfance, sa mère lui faisait également écouter Soolking, qui deviendra lui aussi une référence importante dans son évolution musicale.
"Ma mère me faisait écouter Soolking quand j’étais petit. Après de fil en aiguille c’est devenu mes inspirations puis j’m’en suis servi pour développer mon univers."
Ses inspirations se construisent donc autant dans les souvenirs que dans les découvertes successives. Plutôt que de simplement reproduire ce qu’il écoute, Hynil explique s’être appuyé sur ces références pour commencer à développer son propre univers.
Une musique nourrie par son entourage
Comme beaucoup d’artistes émergents, son identité ne se construit pas uniquement à travers les grandes figures qu’il écoute. Son entourage artistique joue également un rôle important dans son évolution.
Hynil cite notamment Wael parmi les personnes qui peuvent influencer sa manière de créer. La musique devient alors aussi un processus collectif, où les échanges, les sessions et les personnes présentes autour de lui participent naturellement à son développement.
"Autour de moi, j’suis quand même influencé par les gens avec qui j’fais de la musique, par exemple Wael."
Une influence différente de celle d’un artiste que l’on découvre à distance. Ici, elle vient directement du travail, de la proximité et du partage autour de la musique. Une dynamique qui peut permettre à Hynil de faire évoluer rapidement une direction artistique encore jeune.
« Criminogène », premier reflet de son identité
Pour le moment, la discographie officielle de Hynil reste volontairement courte. Seulement deux morceaux sont disponibles sur les plateformes. Parmi eux, l’artiste choisit Criminogène comme le titre qui le représente aujourd’hui le mieux.
"Pour le moment j’ai que deux sons sur les plateformes donc je dirais Criminogène parce que c’est lui qui me représente le plus."
Ce morceau occupe donc une place particulière dans ses débuts. Dans une discographie encore réduite, il agit presque comme une première carte de visite, celle qui permet actuellement de comprendre au mieux la direction que Hynil souhaite prendre.
Mais l’artiste regarde déjà vers la suite. Parmi les morceaux encore inédits, il évoque notamment Mode cinématique, dont la sortie est prévue au cours du mois de septembre.
Le titre annonce déjà, au moins dans son nom, une continuité avec cette volonté de développer une esthétique plus visuelle et atmosphérique autour de sa musique.
Construire avant de penser au projet
Pour les prochains mois, Hynil veut avant tout multiplier les sorties. Pas question pour l’instant de précipiter un premier projet complet. L’objectif est de construire progressivement son univers, de publier plusieurs singles et d’accompagner certains titres de clips.
"Pour le moment on va envoyer single sur single, quelques clips, et après pourquoi pas un projet s’il y a de l’attente autour de moi."
Une stratégie qui correspond aussi à la jeunesse de son parcours. Plutôt que d’accumuler immédiatement les morceaux dans un projet, Hynil veut d’abord installer son identité, comprendre les réactions autour de sa musique et créer une attente.
Avec seulement quelques mois de lancement derrière lui, tout reste encore à construire. Mais c’est précisément ce qui rend sa trajectoire intéressante à suivre. Hynil se trouve dans cette période où chaque morceau peut encore modifier la direction de la suite, où chaque collaboration peut apporter une nouvelle influence et où son univers reste suffisamment ouvert pour évoluer.
Entre ses racines marseillaises, l’héritage d’artistes comme SCH, Khalif Hardcore ou Soolking et cette recherche d’ambiances plus planantes, le rappeur avance sans chercher à figer trop tôt son identité.
Les prochains singles, les clips à venir et la sortie de Mode cinématique devraient permettre de mieux comprendre la direction qu’il souhaite donner à cette nouvelle étape. Quant à un premier projet, Hynil préfère pour l’instant laisser le public décider, indirectement, du bon moment pour passer ce cap.
