LMSC - 01/10/2026

Loupa, faire de la musique comme on traverse le monde | INTERVIEW LMSC

Loupa construit sa musique au fil des voyages, des rencontres et des scènes, entre afro pop, rap, rock et influences venues du monde entier.

Loupa, une identité construite de scène en scène


À 24 ans, Loupa possède déjà un parcours qui s’est construit bien au-delà d’un studio ou d’une ville. Dix-sept années de musique, huit ans à développer ses propres morceaux, plus de 150 scènes et plusieurs expériences à l’international : derrière son projet se dessine une trajectoire où création, voyage et performance live avancent ensemble.

Thaïlande, Vietnam, Cambodge, Chili, Norvège, Japon, Inde, Canada… Les pays traversés ne servent pas simplement de décor. Ils nourrissent directement sa manière de penser la musique. Pour Loupa, un morceau peut naître en France, être travaillé à l’autre bout du monde puis prendre une nouvelle dimension ailleurs, comme si chaque étape ajoutait une pièce supplémentaire à son identité.

"Tout ce que j’ai produit je l’ai fait avec le cœur et toujours à 200%."

Une phrase qui résume assez justement sa manière d’aborder son projet : beaucoup d’intensité, peu de barrières et une volonté de donner un sens artistique aux expériences qu’il accumule.


Dix-sept ans de musique avant de penser aux frontières


La musique accompagne Loupa depuis longtemps. S’il fait du son depuis huit ans, sa relation avec la pratique musicale remonte à dix-sept ans. Une continuité qui lui a laissé le temps d’explorer différents univers avant de progressivement trouver les éléments qui le définissent aujourd’hui.

Parmi eux, il y en a un qui revient constamment : la scène.

"Ce qui me représente, c’est la scène. C’est vraiment un moyen exutoire de pouvoir trouver sens à tout ce que je mets en place dans ma musique."

Cette place accordée au live dépasse largement le discours. Depuis 2020, son dossier de presse comptabilise 155 scènes entre festivals, premières parties, tournées et salles de musiques actuelles.

Son parcours l’a notamment amené au Palladium de Genève en 2021, puis en première partie de Tiakola à Lausanne la même année. En 2022, il passe par Garorock en première partie de Yung et Joysad. L’année suivante, direction Bangkok pour le festival Stadlanda, devant 1 500 personnes. En 2024, il se produit au festival We Outside à Anvers avant d’assurer une première partie d’Akhenaton et D-TRACK au Québec, devant 2 500 personnes.

Des expériences qui permettent de mieux comprendre pourquoi Loupa présente la scène comme l’un des centres de gravité de son projet. Pour lui, le morceau n’est pas terminé une fois enregistré : il doit encore vivre face à un public.


Le voyage comme direction artistique


Cette dimension internationale ne s’est pas construite uniquement à travers les concerts. Depuis l’enfance, Loupa nourrit l’envie de parcourir le monde. Lorsqu’il commence à concrétiser cette ambition, il choisit naturellement de connecter le voyage à l’autre fil rouge de sa vie : la musique.

"Ma DA est très axée sur le partage musical, faire traverser les gens qui m’écoutent à travers mes sons comme un voyage qu’ils feraient avec moi à travers les cultures que j’ai voulu représenter tout au long de mes rencontres."

Thaïlande, Vietnam, Cambodge, Chili, Norvège, Japon, Inde ou encore Canada : chaque territoire traversé peut devenir une nouvelle matière à travailler.

Cette relation entre voyage et musique a aussi accompagné certaines étapes professionnelles importantes. Son dossier de presse retrace une signature chez Sony Thaïlande avec LEGACY en 2023, avant des expériences avec Universal Africa et Virgin Africa en 2025. Un parcours cohérent avec cette volonté de ne pas penser son projet uniquement à l’échelle française.

Loupa ne cherche donc pas simplement à évoquer l’ailleurs. Il construit une partie de son identité en allant directement à sa rencontre.


Du Chili à l’afro pop, sans abandonner le reste


Les rencontres réalisées entre le Chili et la France ont notamment participé à faire évoluer sa direction artistique. Aujourd’hui, Loupa décrit cette nouvelle facette de son projet comme de l’afro pop.

Mais définir son univers par un seul genre serait rapidement réducteur.

À côté de Loupa existe également EXXODE, qu’il présente comme sa deuxième personnalité musicale. Avec ce projet, la direction change nettement pour aller vers une esthétique trap nu metal.

Cette dualité devient plus évidente lorsqu’on regarde ses influences.

Slipknot et Linkin Park croisent Winnterzuko, Bekar, Georgio, Luv Resval ou Luther. Rise Against, Papa Roach et Sum 41 côtoient Damso, Seth Gueko, 1995 ou Sneazzy. Sur une dimension plus afro, Loupa cite également Gambino, L’Allemand et Tiakola.

Plutôt que de chercher une cohérence artificielle entre toutes ces références, Loupa semble justement construire son identité dans leur coexistence. Le rock et le metal nourrissent une partie de son énergie, tandis que le rap et l’afro ouvrent d’autres manières de travailler les mélodies, les rythmiques et les émotions.

Cette recherche permanente se retrouve également dans une discographie qui, selon son dossier, cumule aujourd’hui plus de 550 000 streams.


« PARIS », plusieurs pays réunis dans un seul morceau


Lorsqu’il doit choisir le titre qui le représente le mieux, Loupa revient vers « PARIS ».

Un morceau dans lequel il retrouve cette figure de l’éternel rêveur : quelqu’un qui regarde vers l’avenir, cherche encore sa place, refuse d’abandonner ses objectifs mais garde aussi une forme de nostalgie pour certaines périodes passées.

"L’éternel rêveur, qui veut voyager et qui espère trouver sa lumière un jour, qui ne lâche ses objectifs et qui est nostalgique de son passé au lycée, un de mes meilleurs passages à l’école."

Mais « PARIS » raconte aussi l’identité de Loupa par sa fabrication même.

"C’est un texte que j’ai rec en France, fait mixer en Chine, tourné au Canada."

Quelques mots suffisent finalement à résumer une grande partie de sa démarche. Un morceau enregistré dans un pays, finalisé dans un autre, puis mis en images sur un troisième territoire.

Le clip réalisé au Canada prolonge cette logique. Loupa évoque notamment les chutes d’eau, la fumée dans la voiture et certains plans qu’il associe directement à l’atmosphère du morceau. Le voyage n’est donc pas simplement raconté : il devient une composante concrète de la création.


Une musique qui avance au rythme des rencontres


Cette recherche continue aujourd’hui à prendre de nouvelles formes. Parmi ses sorties récentes figure « DANS MA TÊTE », un morceau réalisé avec l’artiste congolais Kalheb Boumarat et construit autour des souvenirs, des émotions et des pensées difficiles à exprimer.

Une collaboration qui prolonge naturellement cette envie de faire dialoguer les cultures et les univers.

Loupa semble finalement construire sa musique comme il construit son parcours : sans rester trop longtemps au même endroit.

La scène lui donne un espace où libérer ce qu’il accumule en studio. Les voyages apportent de nouvelles rencontres. Les rencontres influencent sa musique. Et sa musique devient ensuite un moyen de transmettre une partie de ces expériences à ceux qui l’écoutent.

Ce mouvement permanent explique aussi pourquoi afro pop, rap, rock ou nu metal peuvent cohabiter dans son univers sans forcément chercher à se confondre.

Derrière Loupa et EXXODE, deux facettes se dessinent, mais une même logique reste visible : celle d’un artiste qui préfère multiplier les expériences plutôt que réduire son identité à une seule direction.

À 24 ans, après dix-sept années passées avec la musique et des dizaines de scènes traversées en France comme à l’étranger, Loupa continue donc d’avancer avec une idée simple : faire vivre ses morceaux au-delà du studio.

Voyager, rencontrer, créer, puis monter sur scène. Chez lui, chaque étape semble déjà préparer la suivante.


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