Mugen, ramener la G-Funk sous le soleil du Sud
Chez Mugen, l’identité musicale ne se construit pas autour d’un effet de mode ou d’un changement de direction soudain. Elle semble plutôt être le résultat naturel de plusieurs années passées à absorber du rap, des images et des références venues de différents horizons. D’un côté, les grandes figures de la West Coast américaine. De l’autre, une enfance bercée autant par le rap français et américain que par les animes japonais. Au milieu de tout ça, le Sud de la France, ses plages, ses palmiers et une atmosphère qui finit presque naturellement par rejoindre celle qui accompagne sa musique.
Cela fait huit ans que Mugen crée, même s’il situe le véritable tournant de son parcours un peu plus récemment. Depuis trois ou quatre ans, l’artiste aborde la musique de manière plus régulière, plus sérieuse et plus assidue. Un temps nécessaire pour affiner progressivement sa direction et comprendre ce qu’il souhaite réellement transmettre.
Aujourd’hui, cette direction porte notamment un nom : CHAUD. Un projet dans lequel Mugen affirme une esthétique directement nourrie par la G-Funk et le rap West Coast, tout en cherchant à y intégrer des sonorités plus contemporaines, notamment issues de la trap.
"Mon univers c’est très américain, j’ai beaucoup était influencer par le rap west coast/g funk dans ma jeunesse (snoop dogg, 2pac, dr dre) donc je me retrouve complètement la dedans avec le projet CHAUD ou j’essaie aussi de mélanger des sonorités trap a cela."
Une identité construite sur plusieurs années
Avant de chercher une formule précise, Mugen a surtout passé du temps à écouter. Le rap fait partie de son quotidien depuis l’enfance et semble avoir façonné progressivement son rapport à la musique.
À neuf ans déjà, il consomme aussi bien du rap américain que français. Cette culture musicale se mélange rapidement à une autre passion : les animes japonais. Deux univers très différents en apparence, mais qui occupent une place importante dans la construction de son imaginaire.
"Depuis que j’ai 9 ans je mange du rap (US & FR) et des animes japonais donc je pense que ça influence beaucoup ma musique et qui je suis."
Cette phrase résume assez bien la manière dont Mugen envisage ses influences. Elles ne sont pas simplement musicales. Elles participent directement à sa personnalité, à ses références et donc à la façon dont il imagine son propre univers artistique.
La musique apparaît alors moins comme un exercice isolé que comme la continuité de ce qu’il écoute et regarde depuis des années. Ses influences américaines sont particulièrement visibles, avec des artistes comme Snoop Dogg, 2Pac ou Dr. Dre, trois figures directement associées à l’histoire et à l’esthétique de la West Coast.
Mais chez Mugen, l’idée n’est pas simplement de reproduire les codes d’une époque.
La West Coast, version Sud de la France
La G-Funk possède déjà tout un imaginaire : la chaleur, les longues routes, les palmiers, les voitures, le soleil et cette atmosphère immédiatement identifiable qui accompagne historiquement une partie du rap californien.
Mugen trouve naturellement un écho à cet univers dans son propre environnement. Originaire du Sud de la France, il retrouve autour de lui certains éléments qui correspondent directement à l’identité musicale qu’il souhaite développer.
"En plus je suis du sud de la france donc la plage, les palmier ça matche carrément."
Ce lien entre son environnement et ses influences donne une dimension personnelle à sa démarche. Il ne s’agit pas uniquement d’importer une esthétique américaine, mais de la faire exister depuis son propre territoire.
C’est précisément là que se dessine l’une des particularités de son projet : construire une G-Funk du Sud de la France.
Une formule simple, mais qui résume une ambition artistique beaucoup plus large. Celle de reprendre certaines couleurs musicales qui l’accompagnent depuis sa jeunesse et de les faire évoluer dans un cadre différent, avec ses propres références et son propre vécu.
Avec CHAUD, Mugen pousse cette logique encore un peu plus loin en mélangeant cette base West Coast avec des sonorités trap. Deux influences qui appartiennent à des générations différentes du rap américain, mais qu’il cherche à réunir dans une même proposition.
Sueur Sud comme déclaration d’intention
Lorsqu’il doit choisir un morceau dans sa discographie, Mugen cite Sueur Sud.
Le choix n’est pas présenté comme une question de performance ou comme une préférence détachée du reste de son parcours. Le morceau semble surtout représenter avec précision la direction qu’il souhaite défendre.
"Sueur Sud, parce qu’il transpire la vibe que je veux ramener."
Quelques mots suffisent ici à comprendre l’importance du titre. Plus qu’un simple morceau, Sueur Sud apparaît presque comme une synthèse de l’univers que Mugen cherche à installer.
Le nom lui-même rassemble les éléments centraux de cette identité : la chaleur, le territoire et une ambiance qui semble devoir être ressentie autant qu’entendue.
Cette notion de « vibe » revient naturellement lorsqu’il parle de sa musique. Chez lui, l’identité ne semble pas uniquement passer par un genre ou une technique précise. Elle repose aussi sur une atmosphère générale, une cohérence entre les sons, les images et l’environnement qu’il souhaite représenter.
C’est probablement dans cette recherche que ses différentes influences peuvent réellement se rencontrer : la G-Funk de son enfance, les sonorités trap actuelles, les références visuelles accumulées depuis ses premiers animes et le décor du Sud français.
Faire mieux, morceau après morceau
Pour la suite, Mugen ne présente pas de rupture particulière. Au contraire, son ambition semble être de continuer à creuser ce qu’il est déjà en train de construire.
La G-Funk reste au centre de ses envies et le Sud de la France continue d’être le territoire depuis lequel il souhaite la développer. Mais derrière cette continuité se trouve également une volonté claire de progression.
"Dans le futur je vais continuer a faire de la G-Funk du sud de la france, progresser, faire des sons encore plus quali, des clips encore plus beau et on verra bien ou ça nous mène ;)"
Cette volonté concerne autant la musique que l’image. Mugen veut améliorer la qualité de ses morceaux, mais également pousser davantage ses clips. Une manière de penser son projet dans son ensemble et de renforcer progressivement l’univers qui accompagne ses sorties.
Il ne cherche pas pour autant à annoncer une destination précise. Le « on verra bien où ça nous mène » laisse volontairement une part ouverte à la suite de son parcours.
Après huit années passées à faire de la musique, dont plusieurs consacrées à la développer avec davantage d’assiduité, Mugen semble surtout avoir trouvé un terrain sur lequel il souhaite avancer durablement.
Un terrain où la Californie de ses influences rencontre le Sud de la France, où la G-Funk se mélange à la trap et où le soleil devient presque un élément de direction artistique.
La suite consistera désormais à approfondir cette identité, morceau après morceau, clip après clip. Avec une idée qui paraît déjà solidement installée : faire vivre sa propre version de la G-Funk, loin de la côte ouest américaine, mais toujours sous les palmiers.
