LMSC - 21/09/2026

Nwaretsang & STN, deux univers sans cases | INTERVIEW LMSC

Nwaretsang et STN croisent leurs univers entre rap, mélodies et influences multiples, avec une même volonté : créer sans se laisser enfermer dans des case...

Nwaretsang & STN : deux trajectoires, une même envie d’avancer


Deux parcours, deux temporalités et deux manières d’aborder la musique. D’un côté, Nwaretsang construit son chemin depuis plus d’une décennie, avec une approche qui refuse de se limiter à un genre précis. De l’autre, STN développe depuis deux ans un univers tourné vers la mélodie, le rythme et les croisements entre rap, afrobeat, afropop, reggaeton ou encore deep house.

Réunis aujourd’hui sur un morceau, les deux artistes se retrouvent autour d’une même logique : partir du rap sans nécessairement accepter les frontières qu’on pourrait lui imposer. Une rencontre entre deux identités distinctes, mais animées par cette volonté commune d’expérimenter, de sortir régulièrement et de faire grandir leur public.


Nwaretsang, une construction artistique sur le temps long


Pour Nwaretsang, l’écriture commence dès 2010. La composition arrive quelques années plus tard, en 2016, ajoutant une nouvelle dimension à sa manière de penser sa musique. Avec le temps, son univers s’est construit autour d’une liberté presque revendiquée : le rap reste un point d’origine, mais certainement pas une limite.

"Mon univers musical n’a aucune frontière même si le rap est son point de départ, je ne me mets aucune barrière."

Cette approche se retrouve directement dans les références qu’il cite. Plutôt que de se concentrer uniquement sur des figures issues du rap, Nwaretsang mentionne CKY, Manu Chao, JMSN ou encore Justin Vernon. Des influences très différentes qui traduisent surtout une curiosité musicale large et une volonté de ne pas construire son identité à l’intérieur d’une seule case.

Chez lui, les inspirations semblent ainsi moins dessiner un genre précis qu’une manière d’envisager la création : aller chercher ailleurs, mélanger les sensibilités et laisser évoluer sa couleur au fil du temps.

Cette évolution, Nwaretsang la résume aujourd’hui à travers un morceau en particulier : « Soleil sur atlantique ».

"Si je devais choisir un de mes sons ce serait « Soleil sur atlantique » car il retranscrit bien ma couleur actuelle."

Le choix est révélateur. Là où certains artistes désignent un morceau pour son histoire ou pour l’étape qu’il représente dans leur parcours, Nwaretsang met ici l’accent sur sa couleur actuelle. Comme si ce titre permettait avant tout de comprendre où il en est aujourd’hui artistiquement, après plusieurs années d’écriture, de composition et d’expérimentations.


STN, la mélodie comme ligne directrice


Le parcours de STN s’inscrit dans une temporalité beaucoup plus récente. L’artiste fait de la musique depuis deux ans, mais définit déjà assez précisément la direction qu’il souhaite suivre.

Son univers s’éloigne volontairement d’un rap particulièrement sombre ou agressif. À l’inverse, STN cherche constamment le mouvement, la mélodie et la rencontre entre plusieurs sonorités.

"Musicalement, la D.A. est très éloignée du rap sombre ou très agressif. Elle se caractérise par une recherche constante de mélodie et de rythme, en fusionnant le rap avec des influences afrobeat, afropop, reggaeton, club deep house."

Cette volonté de fusion occupe une place centrale dans sa démarche. Le rap constitue là aussi une base, mais STN préfère l’ouvrir vers des esthétiques où le rythme et la musicalité prennent davantage de place.

Ses influences viennent notamment de TIF, Zamdane et Vacra. Trois références qui accompagnent une identité artistique où la voix, les mélodies et les ambiances semblent compter autant que les codes traditionnels du rap.

Dans sa discographie, STN retient particulièrement « Ne m’en veux pas », non pas uniquement pour ce qu’il représente musicalement, mais pour sa place dans son histoire personnelle.

"Ne m’en veux pas. Car c’est l’un des premiers morceaux que j’ai sorti, et le premier que j’ai enregistré."

Un morceau lié aux débuts, donc, et à cette première étape où une envie musicale commence à devenir quelque chose de concret. À seulement deux ans de parcours, ces premiers titres restent forcément proches et témoignent encore directement de la naissance de son projet.


Deux finalistes du Buzz Booster Nouvelle-Aquitaine


Malgré des parcours construits sur des durées très différentes, Nwaretsang et STN partagent également une expérience importante : celle du Buzz Booster Nouvelle-Aquitaine.

Nwaretsang a atteint la finale régionale en 2025, tandis que STN a connu la même étape en 2026. Deux éditions différentes, mais un passage commun par un dispositif qui les a amenés à défendre leur musique dans un cadre scénique.

Pour Nwaretsang, cette dimension live occupe justement une place importante dans la suite de son parcours. Son objectif est désormais d’enchaîner les sorties, mais aussi les concerts, afin de continuer à développer son audience.

"J’ai prévu d’enchaîner les sorties et les concerts pour élargir et trouver mon audience."

Une volonté qui prolonge naturellement plusieurs années de construction artistique. Après l’écriture, la composition et les différentes évolutions de son univers, la scène devient un autre espace pour faire vivre sa musique et rencontrer de nouveaux auditeurs.

Nwaretsang participera également au record du monde des 100 heures de rap, encadré par Pauline Reignault. Une nouvelle expérience collective qui vient s’ajouter à cette volonté de multiplier les occasions de défendre sa musique en dehors du seul format studio.


Sortir, construire, recommencer


Du côté de STN, la stratégie est pour le moment très claire : continuer à développer son catalogue avec une régularité assumée.

"Pour l’instant les projets c’est continuer à balancer un single par mois."

Une cadence qui correspond à un projet encore jeune et à cette volonté de construire progressivement son identité morceau après morceau. Chaque nouvelle sortie devient ainsi une occasion d’affiner la direction musicale, d’explorer les différentes influences revendiquées et de renforcer la cohérence d’un univers encore en mouvement.

Cette logique de régularité fait écho à celle de Nwaretsang. Les deux artistes ne se trouvent pas au même moment de leur parcours, mais ils partagent finalement une approche similaire de la suite : avancer par la création, les sorties et l’expérience.

Leur rapprochement sur un morceau prend alors une autre dimension. Nwaretsang apporte un parcours construit depuis 2010 et une vision musicale volontairement sans frontières. STN arrive avec une énergie plus récente et une identité orientée vers les mélodies et les rythmiques hybrides. Deux manières différentes d’élargir le rap, qui peuvent naturellement se rencontrer lorsqu’elles refusent toutes les deux de rester enfermées dans une seule esthétique.

Pour l’un comme pour l’autre, la suite semble surtout devoir se construire dans le mouvement. Davantage de titres, davantage de scènes et de nouvelles occasions de faire entendre leur musique. Nwaretsang poursuit une trajectoire déjà longue en cherchant aujourd’hui à élargir son audience. STN, lui, continue de poser les premières fondations de son projet à travers une sortie mensuelle.

Deux artistes à des étapes différentes, mais une même volonté : continuer à faire évoluer leur musique sans perdre la liberté qui constitue déjà une partie essentielle de leur identité.



Nwaretsang & STN, quand deux univers refusent les cases