LMSC - 10/06/2026

SUPRAM : l'homme derrière Hidden Faces | INTERVIEW LMSC

Créateur de la marque Hidden Faces, SUPRAM développe depuis près de dix ans un univers où se croisent graphisme, streetwear et culture urbaine. De ses déb...

SUPRAM : dix ans de passion, de créativité et d’identité assumée


À Poitiers, certains projets naissent d’un business plan. D’autres d’une passion. Derrière Hidden Faces, marque indépendante fondée par SUPRAM, tout commence derrière un écran, manette en main.

Bien avant les vêtements, les drops et les collaborations, il y avait simplement un pseudonyme choisi pour jouer en ligne.

« Mon nom SUPRAM vient des jeux vidéo. J’avais besoin d’un nom pour jouer sur Call of Duty. J’ai mis du temps à trouver un vrai blase qui me correspondait. Un jour, j’ai entendu le mot “suprême”, j’ai aimé la sonorité et j’en ai fait mon nom. C’était en 2011 ou 2012. »

À cette époque, celui qui se cache derrière Hidden Faces dessine déjà beaucoup. Il découvre progressivement le graphisme et commence à signer ses créations sous ce nom qui ne le quittera plus.

« Je mettais mon nom SUPRAM en tant qu’artiste sur les réseaux. Puis en 2015, j’ai commencé à créer des t-shirts en parallèle de mon activité de graphiste. »

L’année suivante marque un tournant. Les premiers vêtements rencontrent leur public et la passion prend une nouvelle dimension.

« En 2016, je produis mes premiers t-shirts. Je découvre que ça plaît et surtout que j’aime faire ça. À partir de là, je me concentre à fond sur les sapes. »

Contrairement à beaucoup de marques qui naissent avec une stratégie précise, Hidden Faces s’est construite de manière instinctive.

« Je n’avais pas forcément d’objectif au début. Ça me faisait juste kiffer de créer des vêtements et de les voir portés par mes potes. »

Une précision importante cependant : SUPRAM n’est pas le nom d’une marque, mais avant tout celui de son créateur.

« SUPRAM, c’est mon nom avant d’être le nom d’une marque. »


Quand la musique inspire les vêtements


Si certains créateurs puisent leurs idées dans la mode ou les tendances, Hidden Faces trouve son inspiration ailleurs.

« Ce qui m’inspire pour créer des vêtements, c’est la musique. J’écoute énormément de sons, je consomme beaucoup de clips, et ça m’inspire dans mes créations. »

Cette influence se retrouve dans l’esthétique des pièces mais aussi dans l’énergie qui accompagne chaque projet. Une vision qui dépasse le simple vêtement.

Car Hidden Faces ne se limite pas à vendre des t-shirts.

« Je pense que ce qui me différencie des autres, c’est qu’en plus de faire des sapes, je crée des concepts atypiques. »

Parmi ces concepts, on retrouve notamment une tombola permettant de gagner une voiture, des drops limités à cent pièces ou encore un calendrier de l’Avent revisité à la sauce Hidden Faces.

Des idées originales qui participent à construire un univers à part entière autour du projet.


Un retour aux origines


Après plusieurs années d’évolution, Hidden Faces semble aujourd’hui revenir à ce qui l’a fait naître.

Le dernier drop de t-shirts représente parfaitement cette démarche.

« Quand j’ai commencé à créer des vêtements, j’étais énormément inspiré par le graffiti. J’ai perdu cette influence au fil des années. Aujourd’hui, je suis revenu à cette identité-là, dix ans après. Pour moi, ce dernier drop me correspond à 100 %. »

Un retour aux sources qui illustre une volonté de rester fidèle à soi-même malgré le temps qui passe.

Cette dernière collection marque un retour assumé vers les racines créatives de SUPRAM. Une esthétique plus brute, plus personnelle, directement héritée de la culture graffiti qui l’a accompagné à ses débuts.


Poitiers comme point d’ancrage


Même si la marque continue de grandir, son créateur reste profondément attaché à sa ville.

« Je viens de Poitiers et j’aime énormément cette ville. J’aime la mentalité et l’humanité des gens que je rencontre là-bas. »

Cet attachement se traduit également par une envie de faire vivre le tissu créatif local.

« Énormément de personnes de Poitiers me soutiennent, donc j’ai envie de leur rendre en retour. »

Une philosophie qui a déjà donné naissance à plusieurs collaborations locales, notamment avec HUIT Six ou encore à travers un freestyle réalisé avec le rappeur Gump.

À travers ces initiatives, Hidden Faces dépasse le cadre de la mode pour devenir un véritable acteur de la scène créative poitevine.


Une collection comme un témoignage d'époque


Au cœur de l’exposition, une sélection de 100 t-shirts retrace l’histoire visuelle de SUPRAM à travers les années. Bien plus que de simples vêtements, ces pièces racontent l’évolution d’une esthétique, d’une communauté et d’une manière de vivre la culture urbaine. Chaque design capture un moment précis, une inspiration, une rencontre ou une période marquante de l’aventure.

Cette collection agit comme une véritable archive vivante. Elle permet de mesurer le chemin parcouru tout en mettant en lumière l'importance du graphisme et de l'identité visuelle dans la construction d'une marque indépendante. Entre nostalgie et transmission, ces cent créations rappellent qu'un vêtement peut parfois raconter autant d'histoires qu'un livre.


Voir plus grand


Après plusieurs années à développer son univers, SUPRAM continue de regarder vers l’avenir avec ambition.

Parmi les projets qui font rêver son créateur figurent de nouveaux concepts d’envergure.

« J’aimerais refaire gagner une voiture, refaire un Tour de France et surtout vendre à l’international. »

Des ambitions à l’image du personnage : créatives, originales et sans limites géographiques.

Car derrière Hidden Faces, il n’y a pas seulement une marque ou des vêtements. Il y a une identité, une histoire et une vision forgées au fil du temps.

Une aventure née d’un simple pseudonyme de joueur et qui continue aujourd’hui de s’écrire bien au-delà des frontières du gaming, avec la volonté de faire rayonner une vision née à Poitiers partout où elle pourra trouver son public.


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